Investissement immobilier

Obligations du bailleur avant la mise en location

Avant de confier les clés, le bailleur doit vérifier que le logement peut être loué, réunir les diagnostics, utiliser le bail type et faire les bonnes déclarations. Voici l'ordre à suivre.

Avant une mise en location, un bailleur doit proposer un logement décent, qui atteint au moins la classe F du DPE en métropole, réunir le dossier de diagnostic technique, signer un bail écrit conforme au contrat type avec sa notice d'information, établir un état des lieux, et vérifier les règles locales : encadrement des loyers et permis de louer. En copropriété, il doit aussi être assuré en responsabilité civile.

Ce guide suit une location vide en résidence principale par un particulier. Les écarts principaux du meublé sont signalés en fin de page.

Contenu réglementaireVérifié le 1 novembre 2026Prochaine révision prévue le 19 novembre 2026
Sèlidji AmauryFondateur du projet AethelRockPublié le 1 novembre 2026Mis à jour le 2 novembre 2026Lecture : 12 min
Méthode, références et limites de cette analyse

Méthode d'analyse

Les obligations viennent d'une lecture directe de la loi du 6 juillet 1989, du décret n° 2002-120 et des fiches Service-Public sur le bail, le logement décent, le DPE et le permis de louer. La durée de validité des diagnostics reprend les pages de l'ANIL et de Service-Public. L'état de la procédure parlementaire et le texte de la commission ont été lus sur le site de l'Assemblée nationale le 1er novembre 2026. Le contrat type modifié par le décret du 6 juillet 2026 et la nouvelle notice d'information ont été lus sur Légifrance le 2 novembre 2026.

Références

Limites de cette analyse

Ce guide porte sur la location vide en résidence principale par un particulier. Il indique les principaux écarts du meublé, et ne traite ni le bail mobilité, ni la location touristique, ni le logement conventionné. Sur l'amiante, un point reste ouvert. L'article 3-3 de la loi de 1989 cite un état au dossier de diagnostic, mais renvoie à un décret que nous n'avons pas trouvé au 1er novembre 2026, et la fiche Service-Public sur le bail se limite à recommander une mise à disposition. Un plan interministériel de 2026, dont nous n'avons pas pu lire le texte officiel, annoncerait ce décret pour le 1er janvier 2027 selon une source secondaire. Vérifiez ce point avec votre diagnostiqueur à la signature du bail. Les fiches « logement décent », « permis de louer » et « assurance du propriétaire » ont été vérifiées par Service-Public avant 2026, et leur contenu a été recoupé avec les textes lorsque c'était possible. Les règles énergétiques peuvent évoluer avec le projet de loi en discussion.

Avertissement

Information générale, sans valeur de conseil juridique individualisé. AethelRock n'agit ni comme avocat, ni comme administrateur de biens. Le texte applicable se vérifie à la date de signature du bail, et l'ADIL de votre département peut vous renseigner gratuitement.

La liste à vérifier avant de louer

ÉtapeObligationTexte ou source
Avant l’annonceObligation : Vérifier la décence et la classe énergétiqueTexte ou source : Loi de 1989, art. 6 ; décret n° 2002-120
Avant l’annonceObligation : Faire réaliser les diagnostics manquantsTexte ou source : Loi de 1989, art. 3-3
Avant l’annonceObligation : Vérifier le permis de louer et l’encadrement à l’adresseTexte ou source : Mairie ou intercommunalité, arrêté préfectoral
À l’annonceObligation : Afficher les classes énergie et climat, les dépenses théoriques d’énergie et, pour un logement F ou G, la mention de consommation excessiveTexte ou source : Service-Public, fiche DPE
À la signatureObligation : Bail écrit, contrat type, notice, annexesTexte ou source : Loi de 1989, art. 3
À l’entréeObligation : État des lieux contradictoireTexte ou source : Loi de 1989, art. 3-2
À l’entréeObligation : Dépôt de garantie dans la limite légaleTexte ou source : Loi de 1989, art. 22
Après la signatureObligation : Déclaration d’occupation, et déclaration de mise en location si la zone l’imposeTexte ou source : impots.gouv.fr ; Service-Public

Un logement décent, cinq critères à contrôler

L'article 6 de la loi de 1989 impose de remettre un logement décent, sans risque manifeste pour la sécurité ou la santé, exempt de nuisibles et de parasites. Le décret de 2002 et Service-Public précisent cinq critères.

  • Surface. Une pièce principale d'au moins 9 m² avec 2,20 m sous plafond, ou un volume habitable d'au moins 20 m³.
  • Performance énergétique. Au moins la classe F en métropole à ce jour.
  • Sécurité et santé. Clos et couvert, garde-corps, réseaux d'électricité et de gaz conformes et en bon état, aération suffisante, pièces principales éclairées naturellement.
  • Absence de nuisibles et de parasites. Service-Public cite par exemple les rats et les cafards.
  • Équipements. Chauffage, eau potable, évacuation des eaux usées, coin cuisine avec évier, installation sanitaire intérieure, réseau électrique suffisant.

Si le logement n'est pas décent, le locataire peut demander sa mise en conformité sans remettre en cause le bail. Sans réponse sous deux mois ou en cas de désaccord, il peut saisir la commission départementale de conciliation, ce qui n'est pas un préalable au juge. Le juge peut fixer les travaux, réduire le loyer ou en suspendre le paiement.

La classe énergétique minimale

Bail signé, renouvelé ou reconduitMétropoleGuadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte
Depuis le 1er janvier 2025Métropole : Classes A à FGuadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte : Pas encore de minimum par classe
À compter du 1er janvier 2028Métropole : Classes A à EGuadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte : Classes A à F
À compter du 1er janvier 2031Métropole : Classes A à EGuadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte : Classes A à E
À compter du 1er janvier 2034Métropole : Classes A à DGuadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte : Classes A à E

Ces niveaux visent les nouveaux baux, puis les baux en cours lors de leur renouvellement ou de leur reconduction. Pour un logement classé F ou G, le loyer ne peut par ailleurs être ni révisé, ni majoré, ni réévalué au renouvellement, et il ne peut pas dépasser le dernier loyer du précédent locataire, comme l'explique le guide sur l'encadrement des loyers.

Copropriété. Le juge ne peut pas ordonner de travaux de performance si le copropriétaire démontre que, malgré ses diligences pour faire examiner des résolutions et ses travaux dans le lot, le niveau n'a pas pu être atteint. La même limite vaut pour des contraintes architecturales ou patrimoniales. Elle ne rend pas le logement décent, et l'article 20-1 laisse au juge ses autres mesures, notamment la réduction du loyer. Quand l'amélioration dépend de décisions collectives, votre place dans le syndicat des copropriétaires compte donc dans le calcul.

Le DPE évolue aussi. Service-Public indique que le coefficient de conversion de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, et signale un arrêté du 19 août 2026 le portant à 1,7 au 1er janvier 2027. Les DPE antérieurs restent valables et peuvent être actualisés en ligne si leur étiquette s'améliore. Le calcul de votre classe peut donc changer sans travaux. Vérifiez la version de votre diagnostic avant de chiffrer un chantier.

Un projet de loi à suivre, pas encore applicable

Au 1er novembre 2026, le droit en vigueur reste celui décrit plus haut. Le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement a été adopté par le Sénat le 8 juillet 2026, et sa séance publique à l'Assemblée nationale est prévue le 17 novembre 2026.

Dans le texte de la commission de l'Assemblée nationale, déposé le 23 septembre 2026, l'article 6 change deux choses. Un logement en cours de bail ne deviendrait non décent qu'au renouvellement ou à la reconduction, et au plus tard trois ans après l'échéance. Le logement serait aussi considéré comme décent dans plusieurs cas, sous conditions : contraintes techniques attestées ou refus administratif, refus récent de l'assemblée des copropriétaires, contrat de travaux conclu dans une limite de durée, ou recours au DPE collectif de l'immeuble.

Ce texte peut encore être modifié en séance, puis par le Sénat. Ne fondez ni un achat ni une mise en location sur ces mesures tant qu'elles ne sont pas promulguées.

Le dossier de diagnostic technique

Le dossier est annexé au bail et reste à la charge du bailleur. Hors état des risques, les diagnostics sont réalisés par un professionnel certifié.

DiagnosticQuandValidité
DPEQuand : Sauf rares exceptions, comme certains petits bâtiments indépendantsValidité : 10 ans. Ceux réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025
Électricité et gazQuand : Installation de plus de 15 ansValidité : 6 ans
PlombQuand : Permis de construire délivré avant le 1er janvier 1949Validité : Sans limite si aucune trace, sinon moins de 6 ans à la signature
État des risquesQuand : Zones couvertes par un plan ou un classement de risqueValidité : Moins de 6 mois à la signature
BruitQuand : Zone de bruit d’un aérodromeValidité : Non précisée sur la page consultée

Dans un immeuble collectif d'habitation dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, le propriétaire du lot constitue un dossier amiante des parties privatives. Il le tient à la disposition du locataire et l'informe de son existence et de ses modalités de consultation (code de la santé publique, article R1334-29-4). Son annexion au bail reste un point ouvert, signalé dans les limites de ce guide. Le contrat type lui-même ne fait figurer l'état amiante parmi les annexes qu'à compter du décret d'application qui doit lister les matériaux concernés.

Un diagnostic de vente n'a pas toujours la même durée de validité qu'un diagnostic de location. Un acheteur qui met en location vérifie donc les dates avant de réutiliser le dossier reçu.

Le bail et ses annexes

Le bail est écrit et suit le contrat type en vigueur à sa date de conclusion ou de renouvellement. Il mentionne notamment les parties, la description du logement, la surface habitable, le loyer et, si le précédent locataire est parti depuis moins de dix-huit mois, son dernier loyer. Service-Public y ajoute l'identifiant fiscal et la classe du DPE, sauf dans les départements d'outre-mer. Un bailleur particulier signe pour au moins trois ans, sauf durée plus courte d'au moins un an justifiée par un motif familial ou professionnel précis. Ce minimum passe à six ans pour une société ou une association, et le cas d'une SCI entre parents se vérifie à part.

Le contrat type a changé le 1er octobre 2026. Le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 modifie les modèles de bail vide et meublé, colocation à bail unique comprise, pour les contrats conclus ou renouvelés à compter de cette date. Le modèle contient désormais la clause de résiliation de plein droit pour défaut de paiement du loyer ou des charges, ou pour non-versement du dépôt de garantie. Elle ne produit effet que six semaines après un commandement de payer resté sans effet. Les autres cas de résiliation de plein droit restent facultatifs. Ce sont le défaut d'assurance, les troubles de voisinage constatés par une décision de justice passée en force de chose jugée et, si le logement y est soumis, le non-respect d'une servitude de résidence principale, qui doit alors être mentionnée au bail. Le numéro de téléphone portable du bailleur et du locataire s'ajoute à titre facultatif. La liste des annexes du modèle ne change pas.

La notice d'information a été remplacée par un arrêté du 9 octobre 2026, publié le 17 octobre. Légifrance l'affiche en vigueur depuis le 18 octobre 2026, pour les contrats conclus ou renouvelés à compter de cette date. Ces textes ne réécrivent pas un bail en cours. Ils visent les contrats conclus ou renouvelés sans mentionner la reconduction tacite, que la notice distingue pourtant du renouvellement. Pour un bail reconduit tacitement depuis le 1er octobre 2026, le texte lu ne tranche donc pas. Interrogez l'ADIL ou un professionnel du droit avant de modifier un bail existant.

Si la surface manque au bail, le locataire peut, dans le mois qui suit la prise d'effet, vous mettre en demeure de la préciser, puis saisir le juge pour obtenir, le cas échéant, une baisse de loyer. Si la surface réelle est inférieure de plus d'un vingtième à celle du bail, il peut aussi demander une diminution proportionnelle. Mesurez donc la surface habitable plutôt que de reprendre celle de l'annonce.

Sont annexés le dossier de diagnostic technique, la notice d'information, l'état des lieux, en copropriété les extraits utiles du règlement et, selon le cas, l'acte de caution et l'autorisation ou le récépissé du permis de louer. Vérifiez que le locataire vous remet son attestation d'assurance.

Fixer un loyer autorisé

Le loyer n'est pas toujours libre. Selon l'adresse, s'appliquent l'encadrement de l'évolution en zone tendue, ou un plafond dans les territoires à encadrement du niveau. Ces régimes sont détaillés dans le guide sur l'encadrement des loyers, qui indique aussi où vérifier l'arrêté applicable. C'est ce loyer autorisé, pas celui de l'annonce la plus haute, qui doit entrer dans votre calcul de cash-flow.

Choisir le locataire et encaisser le dépôt

Les pièces du dossier. La liste de celles qu'un bailleur peut demander est fixée par décret, et son non-respect est sanctionné par une amende administrative. Le bailleur ne peut pas imposer la cosignature d'un ascendant ou d'un descendant avant la signature du bail.

La caution. Un bailleur assuré contre les impayés ne peut pas exiger de caution, sauf pour un étudiant ou un apprenti. L'acte de caution suit des formalités à peine de nullité.

Le dépôt de garantie. En location vide, il ne peut pas dépasser un mois de loyer hors charges. Il se restitue dans un délai maximal de deux mois après la remise des clés, ou d'un mois si l'état de sortie est conforme à celui d'entrée. Dans un immeuble collectif, le bailleur peut conserver au plus 20 % jusqu'à l'arrêté annuel des comptes. Un retard entraîne une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois commencé, sauf si le locataire n'a pas transmis sa nouvelle adresse.

L'état des lieux. Il s'établit de façon contradictoire à la remise des clés, et chaque partie en reçoit un exemplaire. Le locataire peut demander à le compléter dans les dix jours. Un état d'entrée précis est votre meilleure protection à la sortie.

L’assurance du bailleur

En copropriété, chaque copropriétaire, occupant ou non, doit s'assurer contre les risques de responsabilité civile, en application de l'article 9-1 de la loi de 1965. Hors copropriété, Service-Public indique que le bailleur n'est pas obligé de s'assurer, mais une assurance de responsabilité civile peut couvrir les dommages causés à des tiers. Dans les deux cas, ce coût entre dans vos charges annuelles.

Permis de louer et déclarations

Le permis de louer n'existe pas partout. Il s'applique dans des zones d'habitat dégradé délimitées localement, et votre mairie ou intercommunalité vous dira si l'adresse est concernée. Il prend deux formes.

RégimeQuandSanction maximale
Déclaration de mise en locationQuand : Dans les 15 jours suivant la signature de chaque nouveau bailSanction maximale : 5 000 € sans déclaration
Autorisation préalableQuand : Avant chaque nouveau locataire. Réponse sous un mois, le silence vaut accordSanction maximale : 5 000 €, 15 000 € en cas de récidive sous 3 ans ou de location malgré un refus

Ces sanctions n'affectent pas le bail signé par le locataire. Les renouvellements et les avenants ne demandent pas de nouvelle démarche.

Côté impôts, tout propriétaire doit déclarer l'occupation de ses logements sur impots.gouv.fr, dans son espace Biens immobiliers, et refaire cette déclaration à chaque changement de locataire. Les loyers se déclarent ensuite selon le régime du foyer, présenté dans le guide de la fiscalité immobilière. Il est conseillé d'actualiser votre taux de prélèvement à la source dès le début de la location.

Ce qui change en meublé

  • Mobilier. Le logement doit permettre de dormir, manger et vivre, selon une liste fixée par décret.
  • Inventaire. Un inventaire et un état détaillé du mobilier s'ajoutent à l'état des lieux.
  • Durée. Au moins un an, reconduit tacitement. Neuf mois pour un étudiant, sans reconduction.
  • Dépôt de garantie. Plafonné à deux mois de loyer hors charges.
  • Fiscalité. Elle relève d'un autre régime que la location nue.

Questions fréquentes

Peut-on louer un logement classé G ?

Pas pour un bail signé, renouvelé ou reconduit en métropole depuis le 1er janvier 2025. Un logement doit atteindre au moins la classe F pour être décent. Un projet de loi en discussion prévoit des cas où le logement serait considéré comme décent malgré tout, mais il n'est pas adopté au 1er novembre 2026.

Le locataire peut-il exiger des travaux de décence ?

Oui. Il peut demander la mise en conformité, puis saisir le juge s'il n'obtient pas de réponse sous deux mois ou en cas de désaccord. Le juge peut ordonner des travaux, réduire le loyer ou suspendre son paiement. Le locataire ne doit pas cesser de payer de lui-même.

Quelle différence entre déclaration et autorisation de mise en location ?

Ces deux régimes n'existent que dans les zones délimitées localement. La déclaration se dépose dans les quinze jours suivant la signature de chaque nouveau bail. L'autorisation se demande avant chaque nouveau locataire, et l'administration peut la refuser.

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