Seules les dépenses de la liste annexée au décret du 26 août 1987 peuvent être refacturées au locataire, et uniquement sur justification. Quand le locataire paie des provisions, la loi impose une régularisation annuelle, précédée d'un décompte par nature de charges, et les pièces restent à sa disposition pendant six mois. Le reste, par exemple le contrôle technique de l'ascenseur tous les cinq ans, demeure à la charge du propriétaire.
Ce guide présente la liste, puis la façon de l'appliquer à un relevé de copropriété, et mesure ce que ce tri change sur le rendement net. Il vise le bailleur privé d'un logement loué comme résidence principale.
Méthode, références et limites de cette analyse
Méthode d'analyse
L'annexe du décret du 26 août 1987 a été lue en entier, avec ses articles 2 et 3, l'article 23 de la loi du 6 juillet 1989 et la fiche Service-Public, le 2 novembre 2026. La grille de tri du relevé de copropriété est une méthode AethelRock. Elle classe un poste selon qu'il figure ou non dans l'annexe. L'effet sur le rendement est calculé avec les fonctions du calculateur public.
Références
Légifrance
Décret n° 87-713 du 26 août 1987 fixant la liste des charges récupérablesConsulté le 2 novembre 2026
Annexe lue en entier, huit rubriques, en vigueur depuis le 30 août 1987. Article 2 en vigueur depuis le 1er janvier 2009.
Légifrance
Loi du 6 juillet 1989, article 23Consulté le 2 novembre 2026
En vigueur depuis le 1er juillet 2021. Justification, provisions, régularisation annuelle, décompte, pièces, paiement par douzième.
Légifrance
Loi du 6 juillet 1989, article 7-1Consulté le 2 novembre 2026
En vigueur depuis le 27 mars 2014. Prescription de trois ans.
Légifrance
Loi du 6 juillet 1989, articles 25-10 et 25-18Consulté le 2 novembre 2026
Article 25-10 en vigueur depuis le 27 mars 2014, provisions ou forfait en location meublée. Article 25-18 en vigueur depuis le 25 novembre 2018, forfait en bail mobilité.
Service-Public
Taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM ou REOM)Consulté le 2 novembre 2026
Fiche vérifiée le 25 septembre 2026. Remboursement par le locataire, sauf frais de gestion.
Service-Public
Charges à payer par le locataire (charges locatives ou charges récupérables)Consulté le 2 novembre 2026
Fiche vérifiée le 15 avril 2025. Contrôle quinquennal de l’ascenseur, rappel tardif, trois ans, meublé, bail mobilité.
Légifrance
Cour de cassation, 3e chambre civile, 2 mars 2017, n° 15-19.418, publiéConsulté le 2 novembre 2026
Liste limitative pour un logement vide, restitutions réciproques après annulation d’une clause.
Légifrance
Cour de cassation, 3e chambre civile, 9 novembre 2017, n° 16-22.445, publiéConsulté le 2 novembre 2026
Bailleur social. Absence de sanction de la régularisation annuelle, point de départ de l’action en répétition.
Limites de cette analyse
Fonds de travaux, travaux votés, honoraires du syndic, assurance de l'immeuble et taxe foncière sont classés non récupérables parce qu'ils ne figurent pas à l'annexe. Aucun texte lu ne les exclut nommément. Les arrêts cités sont des décisions d'espèce. Celui du 2 mars 2017 concerne un logement vide, et sa portée en meublé n'est pas établie. Celui du 9 novembre 2017 vise un bailleur social et, pour la prescription, d'autres textes que l'article 7-1. Le droit de bail, cité à l'annexe, n'a pas été vérifié et n'est pas illustré. L'exclusion des frais de gestion de la taxe d'ordures ménagères repose sur Service-Public, sans texte ni arrêt lu. La fiche F947 date d'avril 2025. Logement social, baux commerciaux et contentieux détaillés restent hors champ.
Avertissement
Information générale et simulation pédagogique, sans valeur de conseil juridique personnalisé. Votre bail, votre règlement de copropriété et vos décomptes priment sur cette grille. Pour un litige, l'ADIL de votre département ou un professionnel du droit peuvent examiner votre cas.
Le principe, une liste limitative
L'article 23 de la loi du 6 juillet 1989 définit les charges récupérables comme des sommes accessoires au loyer, exigibles sur justification. Elles sont la contrepartie de trois choses : les services rendus liés à l'usage du logement, l'entretien courant et les menues réparations des éléments d'usage commun, et les impositions correspondant à des services dont le locataire profite directement. Leur liste est fixée par décret.
Pour un logement vide, un bail ne peut pas contrevenir à ce décret, qui énonce les charges de façon limitative. La Cour de cassation l'a rappelé le 2 mars 2017, avec une conséquence moins connue. Une clause faisait payer au locataire l'électricité de ses parties privatives. Une fois la clause annulée après exécution, les restitutions sont réciproques, et le locataire devait ici une indemnité équivalente à la valeur de la prestation reçue.
La loi permet de déroger à la liste par accords collectifs locaux, sur l'amélioration de la sécurité ou le développement durable.
Les huit rubriques de l’annexe
L'annexe compte huit rubriques détaillées. Ce tableau en donne des exemples sans la remplacer. Pour un poste précis, reportez-vous au texte.
| Rubrique | Exemples tirés de l’annexe | Point de vigilance |
|---|---|---|
| I. Ascenseurs et monte-charge | Exemples tirés de l’annexe : Électricité, visite périodique, dépannage sans pièces, menues réparations de cabine | Point de vigilance : Le contrôle technique tous les cinq ans n’est pas récupérable, selon Service-Public |
| II. Eau et chauffage collectif | Exemples tirés de l’annexe : Eau froide et chaude, combustible, entretien courant de la chaufferie, relevé des compteurs | Point de vigilance : La redevance d’assainissement se rattache ici, à quelques exclusions près |
| III. Installations individuelles | Exemples tirés de l’annexe : Réglage et dépannage du chauffage et de l’eau chaude, joints de chasse d’eau | Point de vigilance : Récupérable quand le bailleur intervient à la place du locataire |
| IV. Parties communes intérieures | Exemples tirés de l’annexe : Électricité, produits d’entretien, minuterie, propreté | Point de vigilance : L’électricité du logement est payée directement par le locataire |
| V. Espaces extérieurs | Exemples tirés de l’annexe : Voies, stationnement, espaces verts, aires de jeux | Point de vigilance : Plantes pour refaire massifs ou haies exclues |
| VI. Hygiène | Exemples tirés de l’annexe : Sacs, désinsectisation, vidange des fosses d’aisances, élimination des rejets | Point de vigilance : Frais de personnel selon les pourcentages de l’article 2 |
| VII. Équipements divers | Exemples tirés de l’annexe : Ventilation mécanique, interphones, ouverture automatique | Point de vigilance : Contrôles réglementaires des nacelles de façade exclus |
| VIII. Impositions et redevances | Exemples tirés de l’annexe : Taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères, taxe de balayage | Point de vigilance : La taxe foncière n’y figure pas, et Service-Public exclut les frais de gestion de la taxe d’ordures ménagères |
Pour les ascenseurs, l'article 23 de la loi complète cette liste. Dans un contrat d'entretien conforme au code de la construction, il cite les vérifications périodiques minimales, la réparation et le remplacement de petites pièces très usées, le dégagement des personnes bloquées, le dépannage et la remise en fonctionnement.
Les pourcentages à connaître
Le personnel d'immeuble suit des règles propres, fixées par l'article 2 du décret. Les dépenses comprennent la rémunération et les charges sociales et fiscales.
| Situation | Part récupérable |
|---|---|
| Gardien ou concierge assurant l’entretien des parties communes et l’élimination des rejets | 75 % |
| Gardien ou concierge n’assurant qu’une des deux tâches | 40 % |
| Employé d’immeuble assurant l’une ou l’autre tâche | En totalité |
| Encadrement technique chargé du contrôle direct, en régie | 10 % |
Ne sont pas retenus le salaire en nature, l'intéressement et la participation, les primes de départ à la retraite, les indemnités de licenciement, la mutuelle prise en charge par l'employeur ou le comité d'entreprise, la participation au comité d'entreprise et à l'effort de construction, et la médecine du travail. Quand un contrat d'entreprise existe, le bailleur doit s'assurer qu'il distingue les dépenses récupérables des autres.
Enfin, le remplacement d'un équipement n'est assimilé à une menue réparation que si son coût ne la dépasse pas.
Trier un relevé de copropriété
Le relevé du syndic mélange tout, car il répond à une logique de copropriété et non de location. La règle de tri tient en une phrase : un poste se refacture s'il figure à l'annexe, reste à votre charge s'il n'y figure pas, et demande une vérification si la ligne agrège plusieurs natures. Le relevé ci-dessous est fictif.
| Ligne du relevé | Tri | Raison |
|---|---|---|
| Nettoyage des parties communes | Tri : Récupérable | Raison : Rubrique IV, si le contrat distingue ce qui est récupérable |
| Électricité des parties communes | Tri : Récupérable | Raison : Rubrique IV |
| Eau froide | Tri : Récupérable | Raison : Rubrique II |
| Contrat d’ascenseur | Tri : À vérifier | Raison : Isoler les opérations de la rubrique I et de l’article 23, le contrôle quinquennal reste au propriétaire |
| Salaire du gardien | Tri : À vérifier | Raison : 75 % ou 40 % selon les tâches prévues au contrat de travail |
| Honoraires du syndic | Tri : Non récupérable | Raison : Absents de l’annexe |
| Assurance de l’immeuble | Tri : Non récupérable | Raison : Absente de l’annexe |
| Ravalement voté | Tri : Non récupérable | Raison : Travaux absents de l’annexe |
| Cotisation au fonds de travaux | Tri : Non récupérable | Raison : Absente de l’annexe |
Les quatre dernières lignes reposent sur l'absence de ces postes dans l'annexe, lue en entier. Aucun texte lu ne les exclut nommément. Si votre relevé porte une colonne « charges récupérables », vérifiez-la ligne par ligne, car c'est le décret qui fait foi. Avant un achat, les mêmes relevés se lisent dans le dossier présenté par le guide sur les documents de copropriété, et le guide sur le syndic présente son rôle.
Provisions et régularisation annuelle
Les charges peuvent donner lieu à des provisions, qui doivent alors faire l'objet d'une régularisation annuelle. Voici le déroulé, d'après l'article 23 et Service-Public.
| Étape | Ce que le bailleur doit faire |
|---|---|
| Fixer la provision | La justifier par les résultats antérieurs et, en copropriété, par le budget prévisionnel |
| Un mois avant la régularisation | Communiquer le décompte par nature de charges et, dans un immeuble collectif, le mode de répartition, plus le cas échéant la note sur le chauffage et l’eau chaude collectifs |
| Pendant six mois après l’envoi | Tenir les pièces justificatives à la disposition des locataires |
| Sur demande | Transmettre le récapitulatif des charges du logement, par voie dématérialisée ou postale |
| Après comparaison | Reverser le trop-perçu, ou réclamer le complément |
Si la régularisation tarde. Lorsqu'elle n'a pas eu lieu avant le terme de l'année civile suivant celle de l'exigibilité, le locataire peut demander à payer par douzième. Service-Public indique que cette demande se fait par lettre recommandée.
Une sanction limitée, mais un vrai risque. Dans un arrêt du 9 novembre 2017, rendu pour un bailleur social, la Cour de cassation approuve une cour d'appel d'avoir retenu que l'obligation annuelle n'était assortie d'aucune sanction et que le bailleur pouvait en justifier dans la limite de la prescription. Cet arrêt ne garantit pas qu'un rappel tardif passe toujours : Service-Public indique que le juge peut refuser un rappel déloyal, brutal et consécutif à une faute du propriétaire.
Pour un investisseur. Comptez cette tâche dans votre gestion, puisque le décompte se prépare à partir du relevé du syndic. C'est aussi l'une des obligations du bailleur qui se prolongent bien après la signature du bail.
Les délais pour réclamer
L'article 7-1 de la loi de 1989 prescrit par trois ans toutes les actions dérivant du bail, à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. Service-Public applique ce délai au bailleur qui réclame des charges et au locataire qui a trop payé.
Pour le locataire, l'arrêt du 9 novembre 2017 fixe le point de départ au jour de la régularisation, qui seule lui permet de constater un indu, et non au jour du versement de la provision. Cette décision vise un bailleur social et s'appuie sur d'autres textes que l'article 7-1. Son extension à un bailleur privé reste une lecture prudente, pas une certitude.
Ce que le tri change sur le rendement
Cette simulation est fictive et ne décrit aucun bien. Elle reprend les hypothèses du guide sur le cash-flow. Le lot supporte 800 € de charges de copropriété par an, dont 300 € restent au propriétaire. La première colonne suppose à tort que toutes ces charges se refacturent.
| Indicateur | Tout refacturé, à tort | Après tri |
|---|---|---|
| Charges annuelles à la charge du propriétaire | 1 500 € | 1 800 € |
| Rendement net avant impôt | 3,81 % | 3,64 % |
| Cash-flow mensuel avant impôt | −289 € | −314 € |
L'écart paraît modeste, mais il revient chaque année. Il joue aussi sur votre prix plafond. Saisissez votre propre part non récupérable dans le calculateur de rentabilité locative.
Les charges récupérables ne sont pas pour autant neutres en toutes circonstances. Quand le logement est vide, personne ne vous les rembourse.
Location meublée et bail mobilité
En meublé loué comme résidence principale, l'article 25-10 laisse le choix aux parties, dans le bail, entre deux formules.
| Formule | Fonctionnement | À retenir |
|---|---|---|
| Provisions | Fonctionnement : Mêmes règles qu’à l’article 23 | À retenir : Régularisation et justificatifs |
| Forfait | Fonctionnement : Versé avec le loyer, montant et périodicité fixés au bail | À retenir : Sans complément ni régularisation, révisable chaque année comme le loyer, non manifestement disproportionné |
Le forfait se fixe en fonction des montants exigibles au titre de l'article 23. Pour un bail mobilité, l'article 25-18 impose un forfait versé avec le loyer, sans complément ni régularisation.
Questions fréquentes
Le bailleur peut-il facturer une charge absente de la liste ?
Pour un logement vide, non. Le décret énonce limitativement les charges récupérables et un bail ne peut pas y contrevenir. Attention à la suite, car l'annulation d'une clause déjà exécutée peut entraîner des restitutions réciproques. La loi réserve aussi les accords collectifs locaux portant sur la sécurité ou le développement durable.
La taxe foncière est-elle récupérable ?
La taxe ou redevance d'enlèvement des ordures ménagères figure à l'annexe, pas la taxe foncière. Regardez donc la ligne d'ordures ménagères de l'avis, qui se refacture sauf ses frais de gestion selon Service-Public, et conservez le reste dans vos charges de propriétaire.
Que se passe-t-il si le bailleur ne régularise pas chaque année ?
La loi prévoit une régularisation annuelle. Un arrêt de 2017, rendu pour un bailleur social, juge que cette obligation n'est assortie d'aucune sanction et que le bailleur peut justifier dans la limite de la prescription. Service-Public précise que le juge peut refuser un rappel tardif jugé déloyal, brutal et lié à une faute du propriétaire.
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